saison 01.09
a minima

Comme une toile contemporaine...



Cette photographie, je l'ai conçue en pensant aux toiles de Mondrian comme Composition with with Red Blue and Yellow. Ainsi pourrait-on l'intituler Composition avec Bleu et Gris. A une surface rectangulaire et opaque d'un gris profond s'oppose un carré bleu métallisé sur lequel un soleil hivernal dessine une frise de lumière et laisse deviner la silhouette d'une maison en hors champ. Ces deux figures géométriques imposantes repoussent le ciel laiteux à la marge. Elles évoquent pour moi cette période inédite de la pandémie où notre vie s'est retrouvée contrainte et sans horizon, où la distanciation sociale nous a isolés et fragilisés. Mais, dans cet environnement froid, abstrait et quasi carcéral, l'humain n'est jamais loin... Regardez cette cheminée, somme toute modeste, elle est bien là et signale une présence humaine. Modeste, elle n'en est pas moins chaleureuse et réconfortante. A la nuit tombée, deviendra-t-elle une lanterne qui guidera nos pas ?
Limoges
(Haute-Vienne / France)
22 décembre 2020
1/320 sec. f/5.6 -
12 mm - ISO 250
Lumix DC-FZ82
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publiée le 19/05/2021
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saison 01.05
passion
Loin de la fureur et des tourments d'une époque si complexe et si violente, la chapelle Saint-Aurélien est un havre de paix, à échelle humaine. Vous y croiserez toujours un fidèle ou un touriste curieux.

Dans le silence harmonieux de ce lieu sacré et dans la douceur d'un clair-obscur se dévoilent progressivement mille et un détails. Tout à coup, un frémissement parcourt mon échine, mon regard se fige, attiré par ce détail : à la base d'une croix, seuls les pieds suppliciés du christ martyrisé sont figés dans la lumière. Le corps, lui, est enveloppé dans les ténèbres, passage obligé avant la résurrection promise.
Chapelle Saintv Aurélien, rue de la Boucherie - Limoges (Haute-Vienne/ France)
saison 01.01
Sud 16:24
Cette photo a été prise à proximité du château des Grimaldi, dans le Haut de Cagnes (Cagnes-sur-mer, région PACA).

J'aime particulièrement jouer avec les ombres qui recomposent le sujet. Cette fenêtre rectangulaire, légèrement décentrée au cœur de la composition, s'efface en tant que telle. Le regard est attiré par les obliques que tracent les ombres portées. Une nouvelle figure géométrique capte notre attention : un trou noir triangulaire.
26 juillet 2020,
saison 01.12
Le pont, l'arbre et les passants
Le Pont de l'Université de Lyon a été construit à l'emplacement d'un ancien bac pour desservir les bâtiments universitaires érigés entre 1876 et 1898. Lors de son inauguration en 1903, l'ouvrage fut baptisé alors pont des Facultés. Long de près de 300 m, il est constitué de trois arches métalliques bleues, fondues à Longwy et reposant sur des piles en pierres de Porcieu-Amblagnieu.

Dans la froidure hivernale, les passants vont en viennent sur le pont de l'Université sous lequel s'écoulent - comme au ralenti - les eaux miroitantes du Rhône majestueux. Mais mon regard s'est, finalement, posé sur cet arbre frêle, encore paré de son costume automnal. Il essaie de se hisser au niveau du pont dans l'indifférence générale... je voulais ainsi lui dire qu'il existait !
L'arbre, le pont et les passants
Pont de l'Université (1903)
(Lyon, Rhône / France)
25 janvier 2020
1/80 sec. - f/5.2 - 22 mm - ISO 100
Lumix DC-FZ82
publiée le 10/06/2021
saison 01.08
pontus
Un mardi après-midi me voilà parti au-delà de la gare des Bénédictins.

J'arrive sur cette passerelle, la lumière inonde les voies qui s'enchevêtrent et à contre-jour se dresse le campanile que jouxte la coupole. Lorsque je lève les yeux et me détourne de ce spectacle, mon œil est attiré par l'un des piliers de la passerelle. En suivant sa ligne directrice , je me retrouve à placer l'objectif en contre-plongée et à choisir un grand angle. De la droite, jaillissent dans un même élan deux lignes puissantes en béton brut : l'une rectiligne qui ressemble à une colonne soutenant un linteau et l'autre, une courbe qui prend de l'ampleur. Un frêle lampadaire se hisse au-dessus de la courbure du pont sous le regard, peut-être goguenard, d'un pigeon microscopique.
Au-dessus des voies ferrées
Limoges
(Haute-Vienne / France)
9 mars 2021
1/200 sec. f/4.7 -
20 mm - ISO 100
Lumix DC-FZ82
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publiée le 12/05/2021
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saison 01.04
regard sur la ville
Lieu qui fait vibrer et palpiter le cœur de la cité, la Bibliothèque Francophone Multimédia est un espace de vie, indispensable pour souffler et respirer.

Marcher, l'appareil photo en bandoulière.
Moment privilégié pour re-découvrir un espace urbain qui se banalise au point de devenir invisible à nos yeux. Donner à voir commence par son propre éveil.
20 août 2020 - Limoges -
saison 01.11
origami
La cité dessinée par l’architecte Michel Delplace, offre une architecture lumineuse aux lignes sobres et épurées.

La sérénité semble émaner de ces murs parés de porcelaine. La Cité allie ainsi la tradition limougeaude et l'art contemporain,
Cette arche saisie en contre-plongée laisse imaginer un gigantesque château de cartes ou un origami aux pliages apparemment simples mais ô combien sophistiqués.
Ces formes géométriques évoquent pour moi les cadres réglementaires qui s'imposent à notre société et qui la protègent.
Cité judiciaire de Limoges
(Haute-Vienne / France)
11 juillet 2020
1/160 sec. - f/8 - 4 mm - ISO 80
Lumix DC-FZ82
publiée le 03/06/2021
saison 01.07
dolce vita
Au sortir du premier confinement, la vie a repris ses droits.


J'arpente très souvent les bords de Vienne. Regarder les passants flâner et les eaux de la Vienne glisser nonchalamment apaise mon esprit, parfois, tourmenté. Ces instants de vie captés au hasard de mes déambulations, j'essaie de les saisir en portant un regard bienveillant sur les gens ainsi croisés sur mon chemin. Et, progressivement, de surmonter ma réserve naturelle qui m'interdit encore souvent de braquer mon objectif de façon trop voyante sur un sujet et de paraître trop intrusif. paradoxe de notre époque, A l'heure des réseaux sociaux et des selfies qui s'étalent sur les espaces personnels, les gens me paraissent frileux et méfiants à la vue d'un appareil photo qui ne cherche qu'à saisir leur humanité.
Les bords de Vienne - Limoges (Haute-Vienne / France)
30 mai 2020
1/125 sec. f/5.2 - 22.9 mm - ISO 80
Lumix DC-FZ82
​publiée le 06/05/2021
Saison 01.03
impermanence
Pourquoi impermanence ? Ce titre s'est imposé de lui-même.

L'eau coule inlassablement et modifie à chaque instant notre perception de la rivière. Du haut de ce pont, deux adolescents observent : l'un semble perdu dans une contemplation, ses pensées portées par le courant de la rivière. L'autre m'a vraisemblablement repéré et me regarde fixement. A quoi pense-t-il ? Je l'ignore. Comme l'eau qui passe sous ce pont, ses pensées filent et vont dériver au gré de sa fantaisie. Comme l'eau qui passe sous ce pont, jeunes hommes en devenir, ils ne sont plus aujourd'hui ce qu'ils étaient à l'instant même de cette prise. Comme l'eau qui passe sous ce pont, l'histoire de cette structure est une remarquable illustration de ce monde en perpétuel mouvement. En effet, il a été construit en 1865, en partie avec les pierres restantes des piles de l'ancien pont qui se situait à 200 mètres de là et qu'empruntait alors la grande voie romaine reliant Lyon à Saintes.
saison 01.10
l'arbre et son double
En me penchant sur ce cliché, je ne peux m'empêcher d'imaginer une page blanche, une toile vierge ou une feuille de papier photo sur laquelle la lumière vient dessiner avec subtilité un arbre.

Peut-être serez-vous sensible à la symétrie de cette image, à l'illusion que crée la contre-plongée associée à un grand angle.
Tout à coup, la verticalité de la surface blanche ne me semble plus si évidente. Sous mes yeux, la magie de la lumière opère comme celle qui impressionne la pellicule ou le papier photo dans une chambre noire. Cette feuille blanche deviendrait-elle la métaphore de notre mémoire où sont gravées une multitude d'images, fragments de vie confus, flous ou précis, en couleurs ou en noir et blanc ? A moins que cette image ne réveille en nous le mythe platonicien de la caverne....
Limoges (Haute-Vienne / France)
27 février 2021
1/640 sec. - f/2.8 - 4 mm - ISO 80
Lumix DC-FZ82
publiée le 26/05/2021
saison 01.06
métamorphose
Quand le photographe se fait taquin et complice de la lumière et de l'environnement...

Ce jour-là , un parfum printanier enveloppait le quartier. A chaque inspiration, l'envie d'esquisser un sourire : le pas se faisait plus léger comme l'atmosphère. La lumière galvanisait le promeneur solitaire qui puisait en elle son énergie.
A chaque heure, la course du soleil façonne l'ombre chinoise des grands arbres qui bordent la rue et le parking adjacent. A la cime de certains d'entre eux se tiennent en équilibre les nids des corneilles et des pies. que l'on entend lancer leurs cris rocailleux.
Dans cette banalité du quotidien surgit tout à coup le fantastique. L'arbre et le photographe ne font plus qu'un. Mais le doute s'empare alors du témoin de cet instant insolite : De l'arbre ou de l'homme, qui se métamorphose ? En tout cas, l'un et l'autre franchissent cette ligne jaune, comme Alice basculant de l'autre côté du miroir.
Métamorphose - Rue Sainte Claire - Limoges (Haute-Vienne / France)
31 mars 2021 - 1/60 sec. - f/7.1 - 6.2 mm - ISO 80 - Lumix DC-FZ82
​publiée le 29/04/2021
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Saison 01.02
la chevauchée fantastique
Souvenir du monde d'avant la pandémie : Lors d'un voyage en Italie, le 17 février dans l'une des salles des Musées du Capitole à Rome.

Il était 12:00 depuis quelques minutes. J’étais en train de dessiner écoutant, un peu distraitement à vrai dire, les commentaires bienveillants de deux touristes français. Soudain, ma main lâche mon crayon récalcitrant et se pose spontanément sur mon appareil photo. À ce moment précis, je lève les yeux : un rai de lumière se pose délicatement sur la statue équestre de Marc-Aurèle. Dans le viseur, le regard de l’empereur et de l’animal semblent converger vers moi. À l’instant du déclic, je saisis le message intimidant de cette image : puissance et gloire.